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Haïti/Reconstruction post-séisme : Des efforts de relèvement, exposés dans des mini-films documentaires

alterpresse.org/Groupe Medialternatif, originalPar Edner Fils Décime

P-au-P, 28 mars 2016 [AlterPresse] — Vient de paraître une collection de dix courts documentaires, baptisée « owning our future / Posséder notre avenir », dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Cette collection de 10 courts documentaires retrace des histoires d’efforts, accomplis pour se prendre en main, malgré la précarité et les conditions de vie qui ont empiré après le tremblement de terre du 12 janvier 2010.

L’un des objectifs poursuivis est de vivre l’espoir de lendemains meilleurs, construits avec les propres mains d’habitantes et d’habitants dans le présent.

« Owning our future » donne donc à voir des perspectives haïtiennes en images.

En « se concentrant sur les défis de développement économique et social, auxquels sont confrontés les Haïtiennes et Haïtiens », cette collection entend [nourrir] « la compréhension d’une Haïti, qui va au-delà de ses catastrophes artificielles et naturelles », indique, sans ambages, la pochette de la collection.

Produits par Community supported film (Csf), en association avec le Groupe Médialternatif, ces mini-films de moins de dix minutes offrent l’opportunité « unique » de découvrir différentes facettes de la vie haïtienne, à travers des images et paroles de vendeurs de rues, de membres d’organisations de développement, d’artistes, de personnes en situation de handicap, de fermiers, etc.

Les 3 réalisatrices et 7 réalisateurs de ces mini-films sont des Haïtiennes et Haïtiens ayant suivi, fin 2014, une formation intensive de 5 semaines sur le cinéma documentaire à Port-au-Prince, sous la houlette des institutions productrices de la collection.

Chèmèt, Chèmètrès est l’histoire de la reconstruction durable des maisons des habitantes et habitants, dans une zone rurale de Gressier (à moins d’une trentaine de km, au sud de la capitale, Port-au-Prince), par la pratique du système de solidarité haïtienne, dénommé Konbit.

Le mini-film montre également comment, en plaçant les actrices/acteurs-bénéficiaires au cœur des activités, le coût des constructions est nettement moindre.

Tourné autour d’une personne non-voyante, Bouske Lavi met en lumière une personne, souffrant de handicap, mais qui se démarque, comme véritable leader, pour encourager les autres personnes dans la même situation à se construire en toute autonomie.

Transformer les décombres du tremblement de terre en objets d’art, puiser les matières premières de son art dans ce qui reste debout des édifices de la Grand’Rue (boulevard Jean-Jacques Dessalines) de Port-au-Prince est le fil conducteur de Soti nan dekonm.

Le travail des « artistes de la résistance » trouve ici une mise en spotlight.

Chanje vitès fait vivre l’histoire d’une femme, mère de famille, qui fait tomber les stéréotypes, en pratiquant le métier de mécanicienne à côté de son mari. Elle démontre combien le métier de mécanicienne n’a rien d’insolite.

Une femme entrepreneure haïtienne, affectée – au triple point de vue physique, psychologique et économique – dans le violent tremblement de terre du 12 janvier 2010, a su trouver l’énergie, en elle, pour restaurer la fierté familiale, par la mise en place d’une entreprise de décoration intérieure.

Son histoire est évocatrice. C’est File Zegwi.

On retrouve d’autres histoires, issues des perspectives locales, dans lesquelles les actrices et les acteurs se prennent en main pour maîtriser leur avenir.

Les exemples sont parlants : qu’il s’agisse d’une production, pour renforcer les capacités de sa communauté Pwodiksyon lèt pou yon kominote djanm, de la transmission de connaissances aux générations à venir, pour ne pas perdre l’illustre pratique artisanale du fer découpé dans fòme jenerasyon k ap vini an (former la génération future), ou de cette ode aux parents, vendeurs de rue, vendeurs de rien, qui investissent dans l’avenir de leur progéniture envesti nan timoun (investir dans les enfants).

Geto pwòp, Geto vèt met en lumière des pratiques positives, dans les quartiers populaires, généralement présentés sous un jour « de crasse, de pauvreté et de criminalité ».

L’adaptation du konbit (tradition rurale), au contexte urbain, crée des jardins urbains, travaillés par des voisines et voisins dans une sorte de vivre ensemble.

Le tremblement de terre du 12 janvier 2010 a pour corollaire d’autres séismes dans plusieurs branches économiques de la vie nationale, notamment dans les petits métiers.

Dezas pèpè a fait vivre le drame d’un vieux cordonnier, qui résiste, pour garder le métier et faire vivre sa famille.

Faut-il rappeler que le tremblement de terre du 12 janvier 2010 a occasionné la mort de près de 300 mille personnes et autant de blessés, sans compter des dégâts matériels considérables. [efd emb rc apr 28/03/2016 14:40]